05 septembre 2006

JE ME PRESENTE : AFRO-CANTALOU



















salutas!
j'ai longtemps hésité. c'est pas facile de se lancer. ce matin, c'est décidé, je crée mon blog.

Originaire du cantal que je suis, exilé en plein terroir beaujolais, n'a pas pu résister a livrer ses impressions sur une terre qu'il ne connaît pas précisement. Je compte sur votre indulgence.

L'Afrique et moi, c'est une longue histoire d'amoures, bien que je n'y ai mis les pieds que trois fois : deux fois au nord: le maroc; une fois au sud; la patrie de Nelson Mandela. Pour moi l'Afrique, ce n'est pas qu'une destination pour touristes.

C'est le continent où mon père a abordé à Matadi, (port fluvial de Bas Congo) , d'un paquebot venant de belgique le 5 juin 1928. Il devait y rejoindre sa mère ayant fondé une nouvelle famille à BUTA.




Avant d'y arriver, il avait, du haut de ses 18 ans, parcourru seul, les couloirs de plusieurs ministères et compagnies de navigations pour obtenir les fonds, autorisations, et places à bord du "thysville" fleuron de la Compagnie Belge Maritime du Congo (presque celui qui conduisit Tintin dans le même pays).

Il avait embarqué le 5 juin 1928 à ANVERS traînant avec lui son frère un peu plus jeune que lui. Ils avaient eu l'honneur de voyager en même temps qu'Albert 1er Roi des Belges et la Reine Elisabeth son épouse partant visiter leurs terres subtropicales .

Après un changement à Matady et une épique remontée du Congo, ils débarquèrent du "Tabora" à Stanleyville. Je relus ce même voyage, (décrit dans les mêmes termes que lui bien des années plus tard) par l'excellente Nadine Gordimer dans "le magicien africain".
Il y passa la fin de son adolscence et le début de sa vie d'homme, et ne revit sa terre de France qu'à la libération en 1945 après avoir suivit les troupes des FFL auxquelles il appartenait, non sans avoir visité le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, et débarqué à Marseille.

Il ramenat de "son congo" bien des souvenirs et trophées de chasses mais aussi des sensations de terres humides, de luxuriance, et des récits bien moins idyliques. En particulier la façon dont ses semblables usaient avec la population de souche, les vexations qu'ils subissaient.

L'afrique c'est aussi mes cousins (et leur mangouste riki) dont le père était en poste "aux colonies" et qui revenaient régulièrement en vacances dans le cantal. Ils nous faisaient profiter de leurs récits et films de virées dans la brousse, nous faisaient goûter le "dangereux" pilipli encore inconnu sur le continent. - "n'en prends pas beaucoup - ça brûle" disaient-ils aux gars du village. Ca ne manquait jamais. Il y en avait toujours un qui en avalait une grosse pincée et se précipitait chez lui en hurlant, empoisonné. Le grenier de leur grand-mère était plein de trophhées de chasses, crânes, cornes, défenses (c'était alors permis), masques et armes de chasses tribales..............: un vrai musée.

C'est bien sûr le livre qu'écrivit ma grand-mère à son retour en France dans les années 60. Non, ce n'est pas "out of africa".Elle n'était pas karen blixen non plus. Quoique ! Elle décrivit, désabusée, dans "les bengalis dans les matitis" livre non édité, une Afrique qui avait changée depuis les années folles, où elle avait tenté de faire des affaires avec les blancs, dans un peu toutes les branches de commerces à Bumba, Aketi, Buta, Titulé, sur les rives de l'Itimbiri, Dungu, Faradjé et jusqu'au Nord Kiwu. Elle nous envoyait régulièrement des cartes postales en noir et blanc représentant de "sculpturales" jeunes femmes mangbetus et autres guerriers dénudés. Elle n'y connu pas la décolonisation.


l'Afrique c'est également la jovialité et la générosité de Marie-Pierre la burkinabée, la gentillesse et la noblesse de mes amis tchadiens: Assita et Harouna; l'attendrissante roublardise de Suzane, la Bamilékée: Tous exilés dans la froidure courramiaude.

Je n'ai donc mis les pieds le 27.10.2003 sur ce qu'on appelait autrefois "l'afrique noire" en atterrissant à CAPE TOWN. Mais ça, c'est une autre histoire.

7 commentaires:

  1. Génial....
    J'en ai apris plus sur mon grand pere en quelques lignes qu'en plus de 28ans ... Merci Vincent!
    TRES BEAU BLOG ......

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  2. 28 ans quel bel âge.
    pourtant je n'ai pas beaucoup parlé de lui. j'y reviendrai peut être.
    j'espère que tu sera un de mes fidèles. (:-)

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  3. Pour les cousins que cela intéresse , j'ai scanné les mémoires de notre grand-mère Alice " Les Bengalis dans les Matitis " (conservées par Tatie Cricri ), j'ai ajouté des photos et des documents tirés de archives de Papa , ou prêtés par Emy . Vincent a peint la page de couverture , et cela donne un beau bouquin d'environ 200 pages .
    Je ne vous propose pas de l'imprimer pour chacun de vous , mais je peux vous faire un CDR .

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  4. Je vois que les com sont surtout familliaux, mais je laisse quand meme un petit mot, pour dire que je suis ravie de te connaitre un peu mieux, Vincent !
    Moi qui n'ai jamais mis les pieds en Afrique, helas.
    Merci de ta petite presentation, si sympathique !
    Et a bientot.

    (je t'envie aussi un peu d'avoir de la famille qui s'interesse a ton blog)

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  5. ravie d'en apprendre encore un peu plus sur toi. Je partage l'avis de Flo, tu as de la chance de pouvoir parler de ta famille avec fierté et d'être soutenu par eux. Chez moi personne ne s'intéresse à ce que je fais sur le web, tu as du t'en rendre compte. A la rigueur mes dessins intéressent ma fille et un peu mon mari. Bigs bisous d'un dimanche qui devient bien frais

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  6. Bonjour Vincent,

    Effectivement, maintenant je comprends un peu mieux pourquoi tu parles d'afro-cantalou".

    Et ce livre/CD-ROM il existe toujours? Il vaut la peine d'être lu?

    Amicalement
    Georg

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  7. Mais qui est cette dame souriante avec des lunettes? Tu ne sembles pas la mentionner : j'ai probablement mal compris quelque chose.

    G.

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Vince "Africantal"