
Dimanche dernier, je suis allé voir en famille une représentation digne d'éloges. Je connaissais pour avoir visité l'Afrique du Sud, les danses Zouloues auxquelles nous assistions dans les réserves de chasses et autres hôtels pour touristes, mais le spectacle auquel nous avons assisté à proximité du parc de Gerland dépassait tout espoirs.

La musique Sud-africaine puise ses racines au coeur de l'Afrique, celles du peuple bantou (zoulous principalement) conquérant, mais elle a su se rendre perméable aux musiques du royaume-uni et des USA. Outre la musique traditionnelle des noirs (zoulous, Ndébélés, Matabélés, shoshas.....) qui est présentée aux touristes elle a su s'adapter aux modèles d'expression moderne et constitue aujourd'hui une des formes artistiques les plus vivantes du pays.

African Footprint est "l'arc en ciel" dont les bases reposent entre la culture africaine, tribale, traditionnelle et ancestrale et celle plus familière d'une souche européenne "américanisée". Original, unique, inédit, African Footprint est un brassage par 30 artistes dynamiques d'origines ethniques diverses (hommes et femmes blancs et aborigènes) et talentueux. Chaleureux, rythmée et frénétique, African Footprint est un meltingpot harmonieux de l'Afro et de la musique moderne depuis sa naissance : pas mal pop, un brin disco, un brin Hip-hop, souvent jazz, souvent reggae, parfois zouglou.....tant sur le plan musical que de la danse ou du chant. On a de temps à autre la sensation de voir "Weste-Side-Story ou Hair version Soweto). Et c'est très beau. Les danses alternent entre :

- le Kwela-Jive, qui signifie "montez" (sous-entendu la fourgonnette de police des contrôles de l'apartheid) .
- le gumboot traditionnel, (dance inventée par les mineurs noirs afin de résister aux dures conditions de travail et de communiquer entre eux sans attirer l'attention des vigiles),
- le tap dance, le hip hop pantsula (formes de spectacle propres à la culture des townships)
- le ballet contemporain
- les claquettes rétro.
Richard LORING, le concepteur et Debbie Rakusin et David Matalema, les coregraphes, ne sont pourtant pas tombés dans les poncifs folkloriques pseudo zoulous.

Les instruments sont aussi divers que les percussions africaines de toutes tailles, le saxophone ou le penny whistle irlandais qui remplaça le pipeau traditionnel en bois à trois trous des bergers ! Les chants sont directement inspirés des textes de Don Mattera, un poète Africaner. Émouvants, le spectacle n'est pas un divertissement, c'est un pur joyau artistique dont la beauté fascinante marque de "son empreinte" le cœur des hommes. Tout au moins le mien.

Je peux vous affirmer que le public Lyonnais qui est connu pour être particulièrement frileux dans ses démonstrations de fin de spectacle a "applaudi debout" le final endiablé. Ils sont même revenu quatre fois sur scène à notre demande. Oui! décidément l'Afrique du Sud n'a rien a envier à Europe et l'Amérique sur le plan de la culture. Je dis à cette troupe "HAMBA KHALé" (au revoir portez vous bien). mais c'est vrais elle n'en a pas besoin.