
Salut Patrick!
J'ai senti une déception certaine de ta part, du fait que je n'ai pas encore posté un billet sur ton livre sur mon blog.
Si je me débrouille un peu dans la rédaction de textes, pour l'analyse je suis plus que nulos! Même pas la peine que je tente de copier FranFran. Ce serait la cata.
Je ne sais pas parler "d'osmose", du sentiment des autres, "de deuil achevé" et de tous ces machins qui rendent philosophique un roman si beau soit-il, comme le tien.

Ca n'est pas par manque d'intérêt mais par souci de ne pas écrire n'importe quoi sur ton livre. Car tu te souviens que j'ai été un des premiers à t'encourager à l'écrire. Je voyais dans ton style un Pagnol de l'Atlas. C'aurait été dommage que je le torpille par des commentaires raplaplats.

Lorsque tu parles de ton enfance dans le bled, on sens que tu aime ce pays comme tu aimais ton père lui même. Et pour ceux qui l'ont traversé, souvent trop vite, tu nous fais voir l'envers du décors.

Je connaissais Midelt pour m'y être restauré à la hâte un midi. Le décors sentait le carton pâte et les rues à celles des western spaghettis. Mais la Harira épicée nous remettait le pied à l'étrier. Tu m'as fais voir que cette ville avait aussi une population attachante.

A sa lecture j'ai découvert des épisodes de ta vie que j'avais manqué sur ton blog, ou que tu avais éludé à dessein. Comme moi tu cherche à savoir quelle a été la vie de ton père avant qu'il ne devienne le Maurice qui nous passionne. Le Maurice qui te trainait sur les chemins caillouteux à la chasse aux outardes et perdrix rouges.

Je comprends, pour en avoir vu un, ta fascination pour ce cavalier berbère venu de nulle part et disparu dans la poussière des sabots de son fier Anglo-Aarabe.

Un regret cependant. Tu nous parle si peu de ta maman. Elle nous fait tant verser de larmes qu'on aimerait bien la connaître un peu mieux, et sous un jour plus avantageux. Je suis sûr qu'elle le mérite. Ne vous a-t-elle pas aidé à remonter la pente quand tout semblait perdu?

J'ai aimé ton livre. Je tenterai de le faire aimer à mon entourage et à mes lecteurs. Sache qu'il est dans le cantal pour y rester un bon moment.

Oui!! moi aussi je cherche à savoir ce qu'a fait mon père au Congo Belge alors que sa mère lui avait confié la responsabilité d'un petit commerce au plus profond de la forêt de l'Ituri sur les berges de l'Uélé. De ça, il n'en parlait pas. Heureusement la guerre (pour une fois une guerre sort les gens de la mouise) est venue le sortir de cet isolement.

Mais je ne pourrai jamais intituler mon livre "quand serai grand je serai guerrier mangbétu".
Ces fières tribus du nord Zaïre n'ont pas la prestance des cavaliers berbères.
Bon vent à ton livre Patrick. Il le mérite.
Encore pardon pour mon retard.
Amicalement.