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04 novembre 2011

Mandailles - Capitale de la Jordannie.


Le mardi 11 octobre nous avions rendez vous au restaurant "les Genêts d'Or",  avec mon ami Jean-Michel dans la vallée voisine de celle où je réside dans le cantal. Et plus précisément à Mandailles ( Longitude : 02° 39' 16.1'' E Latitude : 45° 03' 53.7'' N ). Ce charmant Village donne son nom à une vallée magnifique et à un cirque qui n'a rien à envier à celui du fer-à-cheval (74) ou de Gavarnie (65) à part les cascades. Je m'y rends toujours en empruntant la très belle route des crêtes, la D35.


On peut y admirer des charmants hameaux blottis au creux des vallons.  A la croix de Cheules  plutôt que de descendre vers Lascelle ou St Julien de Jordanne,  je préfère continuer tout droit en direction de Houade (que je ne traverse pas)  par la D246 ce qui me permet de faire visiter une des plus belles routes du département à mes amis de passage. Puis traverser Aubusson (le nôtre) et arriver au centre du village de Mandailles en longeant la rive droite de la jordanne.   

  

En arrivant à Mandailles on ne peut qu'admirer les Fours (Dykes volcaniques) de Peyres Arses formées lors de l'explosion du monstre. C'est le cirque de Mandailles qui nous barre le passage, ou presque car notre cirque est franchissable. Par le pas de Peyrol (1588) .


Mon ami Jean-Michel nous annonce qu'il a pris du retard à Saler$. Nous décidons de visiter le village en l'attendant et laissons la voiture en bordure de la Jordanne. 


Une croix "dite Mérovingienne" a été conservée en place. Elle va venir compléter ma collection.


Juste derrière, une maison bourgeoise a mis les souvenirs de vacances dans des valises en cartons.



De la rue qui monte sur les hauteurs du village on aperçoit une charmante fontaine romantique.


Un coup d’œil discret.


Ca vaut un agrandissement.Et pourquoi pas une aquarelle?


Du haut du village l’église Saint-Laurent pointe son clocher typiquement roman.
Pourtant nous dit "mon Maître" Pierre Moulier c'est du Néo-Roman datant de 1893.

     On peut admirer le Puy Griou sous un angle nettement différent qui semble l'écraser.


A l'angle de la rue qui conduit au restaurant on peut apercevoir un panel de l'architecture de montagne dans cantal. Notamment à droite. Ces toitures à quatre pans tronqués indiquent que le bâtiment avait une vocation agricole à l'origine : Etable et grange. 

Les piliers de portail du jardin sont caractéristiques à notre région.  Souvent la boule est absente mais  parfois on découvre à la faveur d'une balade d'étranges polyèdres comme à Girgols.



Dans le cantal les villages de montagne (ou de vallées glaciaires partant du centre du volcan) sont en général nichés sur le versant Nord, l'Adret. Les maisons, adossées à la pente, voire construites "sous terrier" bénéficient d'un maximum d'ensoleillement et sont abritées du vent du Nord. Le grenier est éclairé par des "chiens assis" sur la façade ensoleillée. Les grandes maisons de maîtres peuvent avoir deux rangées de ce genre de "fénestrous". Soit une dizaine.    


Elles sont généralement parallèles à la route. Les ouvertures sont de petite taille pour limiter la prise du froid sur les vitres. Une mode récente fait que les crépis de habitations  (blanc cassé ou gris) ont été supprimés dans les années soixante pour laisser apparaitre les pierres même, si elles n'ont pas une grande valeur esthétique. C'est ici le cas. 



Cette "maison de poupée" vue sa position par rapport à la ruelle laisse voir qu'il s'agissait d'un bâtiment à usage agricole retapé dans les années trente. Les toitures à quatre pans "tronqués" sont spécifiques au  bassin d'Aurillac.  Dans d'autres parties du Cantal les anciennes granges sont à deux pans et les pignons ne sont pas bâtis jusqu'au faîte pour aérer au maximum le foin et éviter un incendie éventuel dû à la fermentation de la récolte.



Ici c'est bien une étable sous grange qui est prise. La ruelle monte légèrement. La grange située est à l'étage. Une rampe sur l'autre pignon permet aux chariots de foin d'y accéder et d'être déchargés. Ce genre de bâtiment est très ancien. La toiture est vraiment à quatre pans entiers. Cela indique qu'elle était recouverte de chaumes



Devant la Mairie cet été, la municipalité a érigé des "tipis" décorés.


Les touristes sont ainsi instruits sur la faune et la flore de nos montagne.
Et elles sont impressionnantes. Ils n'ont pas encore osé ajouter le loup.


C'est très bien fait. Pour voir les noms des races et espèces on pénètre dans la pyramide.


Les panneaux sont reproduits en sorte de filigrane à l'intérieur avec les indications utiles. 


Un petit historique sur le village et la mairie figure face à l'entrée. 



Des photos du siècle passé montrent l'activité touristique du village à cette époque.



On constate que la forme des autobus évoque plus la diligence de l'Ouest sauvage que les salons climatisés qui circulent maintenant sur nos routes.



Les photos étaient souvent prises en hivers jadis. Je l'ai constaté dans ma propre collection de cartes postales anciennes.

 
Une vue du même site maintenant. Pour les tatillons, cette photo a été prise par moi.


La Jordanne



La Jordanne le jour de notre visite. Elle ne charrie plus d'or.




Devant le restaurant les genêts d'or nous déplorons qu'encore une fois une touriste a été pétrifiée par la vue du village avant son départ. L'exemple de la femme de Loth ne lui aura donc servi à rien!

Je recommande ce restaurant, comme le petit futé. Si la patronne n'est pas très souriante la cuisine locale qu'elle nous dispense est un ravissement. 

Entrée : Pounty
  Plat principal :  Truite au bleu ou pièce de Bœuf de Saler$ au bleu accompagnée de truffade. (la truffade est un plat familial difficile à reproduire en grande quantité).
Fromages : délices de nos monts (comme on dit ici).
Dessert : Tarte aux myrtilles ou  mille-feuilles. J'ai pris ce dernier léger et savoureux. 

Merci encore mon cher Jean-Michel.

02 avril 2010

Eglise de Girgols. - CANTAL - Auvergne


Vous sous souvenez que le mois dernier nous avons visité la très belle église de SAINT CERNIN.
Ce jour là, ne me trouvant pas éloigné d'un autre site, la commune de GIRGOLS en l'occurrence, je me décidais au retour de faire un petit détour par cette commune que je n'avais jamais traversée. C'est en effet un hameau, non! une commune de 12 Km² perchée à une altitude comprise entre 786 et 1228 mètres d'altitude au milieu des alpages de moyenne montagne.

Sa population qui s'élevait en 1962 à 179 habitants est au recensement  de 1999 de 73 habitants. Elle se compose de quelques fermes relativement importantes (plus de vaches que d'habitants) ainsi que de quelques résidence secondaires. 
 
                                                                Photo internet André et Hélène
                                                                

En été, le paysage, c'est ça!  Imaginez le bruissement des feuilles des arbres, éloignés, et le chant de grillons et des criquets dans les prairies. Avec la brise coquine qui chatouille vos oreilles et fait frémir votre chevelure.  Le paradis!!


                                                                                   Photo internet André et Hélène



En hivers? Ah!!! En hivers c'est autre chose. Quand les pluies de l'Aquitaine ne viennent pas lessiver les bouses de vaches dans les prés et aplanir les taupinières sur l'herbe jaunie par les frimas, c'est au mieux, pour le regard, une couche de neige qui lui  donne un air de Sibérie.

                                                                     Photo internet Flickr

 Mais en général le paysage hivernal, c'est ça. Des prairies désertées de tout être cornu dès que la température descend à  8° et que la bise chasse les congères sur les routes non protégées par les haies maintenant disparues.

Il n'empêche que ce paysage je l'aime vraiment. Pour le moment nul bruit d'autoroute aux lointains. Seulement le bruit des combats aériens de la chasse française qui par moments s'entraine à franchir les monts du Cantal à basse altitude pour échapper aux radars du Mont Verdun de LYON.

Eh oui!!!!!!! Le Cantal C'est le "TOP GUN" Européen. Vous ne le saviez pas?  

                                                                 Photo internet Flickr

Puisqu'il n'y a pas de mouton dans cette partie du cantal, ou très très peu, revenons à nos clochers à peignes.

En  arrivant à proximité du village, une croix  plus que millénaire,  répertoriée j'espère par pascale Moulier dans son fameux  et documenté répertoire, nous accueille, les bras tendus.   Au loin apparaît déjà le clocher de l'église romane de Girgols.  A ce croisement, prendre la "route" très étroite à gauche.


   Déjà, soit à 600 mètre environs, nous la voyons! :  

Étoile du matin, inaccessible reine,
Voici que nous marchons vers votre illustre cour,
Et voici le plateau de notre pauvre amour,
Et voici l’océan de notre immense peine.
Un sanglot rôde et court par-delà l’horizon.
À peine quelques toits font comme un archipel.
Du vieux clocher retombe une sorte d’appel.
L’épaisse église semble une basse maison.

Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale.
                                                                 Ch. Péguy


Après avoir pousse la grille du cimetière qui l'entour, nous pénétrons dans l'enclos engazonné  qui lui sert d'écrin. Je sais! Certains n'aiment pas nos édifices religieux. Ils leur trouvent des airs de Légo.  J'ai lu ça d'une savoyarde sur un blog ami. La pauvre!!!! C'est pas notre faute si nos pierres sont faciles à tailler en parallélépipèdes!!! Kâmême!!!!!!!  



Notre Dame de la Nativité de Girgols arbore un clocher à peigne à deux ouïes. Pierre Moulier l'époux de la précédente précises que naguère il en possédait quatre, comme dans beaucoup de ses sœurs voisines


Je suis aussi désolé que vous devez l'être mais je n'ai pu visiter l'intérieur qui est paraît-t-il remarquable.  Pierre Moulier signale ""présence d'un bénitier du XVème orné de têtes aux angles. ... "" En effet la voisine qui détenait les clés les a rendues dès qu'un cambriolages a été perpétré il y a quelques années. Le village étant désert ce jour là je n'ai pu savoir qui était le Cerbère de la place. 

Je déplore comme vous la présence de ce "présentoir" fixé au porche de l'édifice.



Pierre Moulier signale que le portail est l'élément le plus décoré de l'édifice. Je ne résiste pas à l'envie de le citer : "Trois voussures en retrait reposent sur des contreforts, soit sur deux colonnes à chapiteaux. Sous l'arc le plus extérieur court un bandeau à billettes; les deux voussures suivantes sont ornées de rainures et de terminent en boudins.  
Un bandeau à billettes, porté par le chapiteau assure leur base. Le chapiteau de gauche, très sommairement décoré de volutes (moi je le crois plutôt atteint par l'usure des temps : Tuffeau oblige)  Celui de droite représente sur chaque face, une grosse palme.  N'est ce pas joliment dit? J'adore son style.


  Regard en arrière: très bel angle de vue.  


 Au sud-est de la plateforme une autre très belle croix également fort ancienne. 



Dans la propriété voisine en contrebas mon attention est attirés par ce bloc monolithe  ça ressemble à............ Non c'est peut être bien du ciment, du moins j'espère. 



Par contre ça, ça ressemble bien à un sarcophage  mérovingien comme en trouve souvent dans la région. Si Pierre ou pascale Moulier me lise, j'aimerais qu'il m'apportent une précision  à ce sujet.



Ma visite terminée il est temps de descendre dans la vallée de l'Authre, Ma vallée, la vallée de poètes, l'Autre vallées des rois.  je dois rentrer à Marmanhac. Mon village.


Rien que pour vous j'ai photographié un buron encore de bout.  Bien à l'abri du soleil en été grâce aux tilleuls multi-centenaires,  il se trouve au lieu dit Verniols . En fait, je suis certain qu'autrefois, sur les cartes CASSINI, il devait s'écrire Vernhols . Lieu planté de vergnes.




J'arrive au hameau d'Aubespeyre qui a conservé son four banal.



Cette bizarre construction est un "travail" (des travails).  Je ne me souviens pas en avoir vu hors du massif central.  A part servir au support de tombées de géraniums en été, il servait et sert peut être encore, qui sait! à ferrer les animaux des fermes. Les chevaux surtout.  On faisait entre la bête entre les poteaux et on l'attachait au niveau des antérieurs et des postérieurs en sous-ventrières et on serrait pour la soulever légèrement pour éviter qu'elle ne s'échappe.

15 septembre 2009

le pays des pierres dorées - Les cités d'or. Région de l'Arbresle. Le trésor de nos ancêtres.


Nous sommes sur un promontoire surplombant la vallée d'Azergues. Et plus spécialement le magnifique village de Chessy les mines, connu pour son ancienne mine pyrite cuivreuse la Chessilyte et de terres ocres utilisées en peinture.

Je vous l'avais dit que nous irions visiter une mine d'or à ciel ouvert dans le Beaujolais.
D'ailleurs vous pouvez admirer un des derniers lingots à l'entrée du site qui domine la vallée d'Azergues.
Elle est située sur la commune de Saint Germain-sur-l'Arbresle.

La carrière d'Oncin, plus connue sous le nom de "carrières Glay" est la seule du Rhône à ciel ouvert encore visitable. En effet, de nombreuses comme à Bagnols, Ville-sur-Jarnioux, Charnay et bien d'autres ne sont plus que de tas de pierres dangereux.
Elle a fourni toute la région en pierre calcaire ocre-jaune du XVème au XXème siècle et beaucoup de monuments, que vous avez vus lors des visites du Beaujolais en ma compagnie ont été bâtis avec ce matériaux de construction.

Je vous invite à cliquer sur le panneaux de visite pour les agrandir. Vous pourrez localiser les édifices les plus importants de la région.

La visite de ce site bien commenté peut se faire avec un guide. Cliquez sur le panneau.

Il reste les vestiges de deux galeries au niveau du sol. Le site se dégrade peu à peu. On peut voir à droite une coulée de terre et de pierres. Remarquez la couleur du terrain. Cette teinte rouge servait il y a peu dans les teintes de peinture.

Cette veine était la plus récente. Et de très bonne qualité.

Celle-ci c'est écroulée depuis longtemps.

Les matériaux de moindre importance étaient stockés au sommet de la carrière. Au cas où ils pourraient être utilisés, mais surtout pour faire de la place et tenir le terrain et les remblais comme ceci.

Ou soutenir des rochers comme celà.

Les blocs bruts étaient remontés à l'aide d'une grue comme celle-ci.

Le parcours, équipé de panneaux pédagogiques, permet la découverte de la géologie locale, le travail des carriers et des tailleurs de pierres ainsi que les divers termes employés dans le métier.


Vous pourez placer dans vos conversations les mots : Crosses, couverte, lancis, coudière, skèle, larmier, enchant,

La profession touchait chaque famille de la vallée et souvent c'était des agriculteurs qui passaient d'un travail à l'autre selon les travaux à la ferme.
Souvent les enfants prenaient la suite du père ou travaillaient avec lui la pierre. Lorsque l'un d'entre-eux étant malade ne pouvait accomplir sa tâche, il devait (lui ou son père) désigner un remplaçant pour son poste.

Si quelqu'un peut me donner la signification et l'origine de "skèle", la sorte de grosse larme surplombant les étoiles à cinq branche, je suis preneur.

Ah! J'allais oublier!! Les carrière de Glay sont répertoriées en tant qu'abri pour les chauves souris. Aussi de petits réceptacles discoïdes ont été disposés ça et là à leur convenance.
Le reste de la mine, dont un circuit en bordure de la mine, est aménagé en circuit dans une lande dont la végétation calcicoles spontanée s'est développée au grand plaisir du marcheur que je suis. Ainsi, j'ai pu, puisque la saison s'y prêtait, déguster de savoureuses merises peu connues semble-t-il des visiteurs précédents.
Miammmmmmmm. C'est booooonnn!! Mais ça tache!!!!