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09 mai 2013

Je me souviens de tout.


Il faut que je me réveille.
Ca fait déjà bientôt deux mois et demis que tu es morte. Désolé pour le mot. Certain n’osent pas le prononcer. Comme si l’expression “décéder” rendait moins mort! Je l’ai même entendu dire pour un chien, même un arbre séculaire. Ridicule!  Tout comme ce sempiternel “travail de deuil”.

Le temps des formalités se termine, arrive bientôt le temps de  la solitude. Des formalités!!! Tu parle d’une expression idiote!  Comme si être quitté pas un être cher était une formalité!!!




Tu venais juste de mettre un pied dans la retraite. Un pied dans la retraite, un pied dans la tombe.  Après de longs mois de chimio, on te fait comprendre et on nous fait comprendre que ta vie allait peut être se terminer dans quelques mois. Et tu comprends que tu ne verras  peut être pas grandir ta petite fille qui vient  de naître quelques jours auparavant- Tu n’assisteras  peut être pas au mariage de notre fille ce mois-ci. Ca c’est sûr! Tu ne verras rien de toutes ces joyeuses assemblées familiales.


Comment cela a-t-il bien pu arriver? La faute à qui? La tienne? Qui ne buvais, ni ne fumais, ne mangeais que sobrement, et pas d'exotique ou sortant de l’ordinaire!!! La faute à qui?


Et je me souviens de tout.
  
L’opération.
Il y a maintenant presque trois ans, tu étais  déjà en cessation d’activité, une sorte de préretraite, qu’une équipe de l’hôpital Edourad Herriot, de LYON,  pratiquait sur toi un opération de la vésicule biliaire, somme  toute assez bénigne. Au cours de cette intervention, un geste pour le moins "maladroit" provoquait une pancréatite aiguë.  Une seconde opération, la pose d’un stent, était pratiquée par le professeur responsable du service, quelques semaines plus tard. Nous avions insisté pour que ce soit lui. Ca! je m’en souviens, c’était après les fêtes de fin d’année 2010.


L’attente.
Souviens toi. C'est au printemps 2012, “une grosse gestation”, intriguée de ne pas avoir été revue par “le spécialiste” pour une visite de contrôle ou une nouvelle opération de la vésicule, tu demandais  à notre médecin référent, de Chazay-d'Azergues, si cet abandon d'un patient était normal ou s'il s'agissait  d'un oubli.


Je me souvient de ce retour précipité de vacances dans le cantal, à la demande du “spécialiste” qui s’affolait enfin. Je me souviens qu'après plusieurs examens il renonçait à une nouvelle intervention pour cause d'apparition de métastases. C'était, je m’en souviens le 23 avril 2012.


Ca m’est revenu puisque ça n'est que le  22 février 2013 pendant ta dernière hospitalisation, je  recevais le CD-Rom de cette visite.  Un CD-ROM sans explications aucunes et sans  lettre d'accompagnement, de mots d’excuses. Drôle de procédé et  drôle de coïncidences que ce CD-ROM parvienne, alors que tu vivais  tes dernières heures!! Etrange! Ne trouves tu pas?


Un CD-ROM qui me  renvoi un an et plus en arrière pour me balancer sèchement à la figure ces mois de souffrances tant physiques que morales subies par toi. Tu en as eu du courage! Je n’étais pas en reste, sache-le. Tes angoisses étaient les miennes, et tes espoirs aussi.


Replay!!!!
Je revois, ce Professeur, penaud mais rassurant, nous recevant à la nuit presque tombante après  nous avoir fait patienter des heures interminables dans une sombre salle d'attente dans un couloir miteux du pavillon "H" pour nous annoncer, sans s’étendre en excuses, (il devait être pressé de rentrer chez lui en cette fin de journée), "que cet état de fait, cette carence, regrettable était due à un oubli, à une surcharge de travail de notre équipe administrative, de ses secrétaires ....................”. et que tu devais subir des chimiothérapies...........".  


Je me souviens de ce regard affolé que tu m’as lancé une fois arrivés chez nous. Ce fut un des pires moments de notre vie. Je me souviens de cette phrase que tu as criée, terrassée par le peu d’espoir en ton avenir “ MAIS JE NE SERAI PLUS LA AVANT LA FIN DE L ANNEE!!!””.
Bien sûr je n’ai pas cru à ce dénouement là. Je t’ai juré souvent que tu t’en sortirais. J’avais cet espoir. J’y croyais fermement. La Ligue contre le cancer nous a tant et tant dis que les cancers se guérissaient. J’ai tant prié pour toi.






Je me souviens de cet autre praticien distant au patronyme biblique, qui fut délégué quelques temps après pour nous expliquer  ” la suite”  (Et passe au goal!!!!) et qui nous reçût  au sous sol du pavillon "H", empêtré dans ton dossier médical, et surtout dans l'ouverture et l’incompréhension de son ordinateur qu'il ne maîtrisait de toute évidence pas. Pas un regard pendant tout ce temps à aucun de nous deux. Les djins n’arrêtaient pas de passer et repasser. Cette situation ubuesque te fit tout de même sourire lorsqu’il effaçait par erreur le rapport du “spécialiste”.


Je me souviens du temps insensé qu'il mît pour enfin commencer à nous expliquer ce qui allait se passer, et seulement à cause d’un mouvement d'impatience de notre part, car nous serions encore à attendre ses explications.  Des explications à tel point embarrassées que nous avons dû consulter d'autres spécialistes dans d'autres hôpitaux. Peut être était-ce un excellent praticien mais humainement très nul.  Je tairai le nom de ces gens. Ils sont à vomir.


Par bonheur, si je puis dire, nous avons été pris en mains par le formidable Docteur Walter, tu l’aimais bien! et son équipe compétente de l'UJOM. Le service Oncologie médicale.. Nous y avons rencontré du personnel d’une grande gentillesse et d’un grand dévouement. J’irai les voir un de ces jours. Je  me souviens de ces heures passées à ton chevet pendant que tu subissais tes protocoles inutiles.


Mais le mal était fait. Deux protocoles de chimios n'ont pas été efficaces et un troisième commencé en décembre à porté l’estocade à ton état de santé. On t’avait inoculé un virus fatal!!!!! La faute à pas de chance!!


Quel gâchis!!!! Parce que le “spécialiste” n’a pas décidé d’enlever en temps voulu ta vésicule; n’a pas daigné prendre de tes nouvelles!!!, Ca n’était tout de même pas dur d'ôter cet organe pour un spécialiste!!! Combien de gens vivent  sans lui? Tu serais encore près de moi.


Oh! Bien sûr, pendant ta fulgurante agonie,  j’ai exprimé ma colère en adressant une lettre bien sentie à ce “spécialiste”. Et il m’a répondu que ton cas était exceptionnel, qu’on connaissait mal le cancer du pancréas. Mais pas d’excuses bien sûr. Tout juste des condoléances.


Ca me fait une belle jambe que ton cas fût exceptionnel!!! Tu n’es plus là pour le savoir. Tu devais bien t’en douter!!

Tu reposes à présent dans le cimetière de mon village du Cantal. Dans ton mausolée de marbre rouge étincelant sous le soleil  et la pluie bâti à la hâte rien que pour toi. Pour que tu ne sois "pas enterrée comme les chiens" . Merci pour mes parents et mes ancêtres, merci pour les poilus de 14/18 et les boys de 52ème Airborn qui reposent ainsi.  Et dire que tu détestais ce genre d’ultime maison!  Tu me l’as tant et tant dis!  Mais “on” n’a pas voulu m’entendre. Et pour moi, en tous cas, ce fût le coup de grâce.
Adieu mon Amour.

04 mars 2013

Adieu mon amour.

Pendant que Sarah Miller et Aaron Levaï de Berlin me harcelaient de leur hargne démagauchiste mon épouse commençait sa vertigineuse décente dans l'enfer médicalisé. 


Et Voilà!!! mon épouse qui venait  d'avoir soixante ans est partie me laissant, avec les enfants, dans une profonde peine.

Elle a subi ses deux chimios avec courage et sa volonté de s'en sortir nous réconfortait.

Il y a un mois elle a eu une injection et l'infection s'est immiscée en elle.

Depuis trois semaines elle était devenue l'ombre d'elle même et avait baissé les bras.

Depuis vendredi  22 date de son hospitalisation  elle s’éteignait peu a peu et refusait d'en faire plus.

Le 26 février les médecins ont  débranché les antibiotiques et les ont remplacé par un calmant agissant sur son stress et  l'acyte  et calmant ses quelques douleurs.



Ce matin du 26 février un médecin nous a prévenu que sa fin était proche et que nous devions nous préparer à l'accompagner jusqu'à la fin de son calvaire.

Sa respiration s'est faite  plus irrégulière,  les mouvements de sa poitrine  plus rares et enfin se sont tus.

Elle est partie calme et sereine. Comme une braise qui s'éteint dans un foyer. Le mien.




Adieu Nannick.
Tu m'as donné de beaux enfants qui ont fait notre honneur et notre bonheur.
Tu es à présent avec tous nos chers disparus.
Mais quel vide tu vas laisser dans nos cœurs!!!!!!.

15 juillet 2009

Blog en panne.

Je suis rentré des PO et d'Espagne, cependant je suis "obligé" de faire retour urgent sur le cantal.

En effet ma sœur qui s'occupait de maman a fait une sorte d'A.V.C. avant hier. Ce qui fait qu'elle ne peut plus s'occuper de maman.

Maman déjà handicapée par son âge et sa santé doit faire tout toute seule et dorloter sa fille.

Je dois donc aller dans le cantal pour m'occuper momentanément d'elles et faire l'ambulance pour conduire ma sœur chez des spécialistes jusqu'à ce que ses enfants la prennent en vacances avec eux. Ce n'est qu'ensuite que je prendrai deux semaines de vacances avec les miens.

Je vais donc partir dans qq heures et ne serai de retour qu'au début du mois d'Août .

Merci pour votre fidélité.

14 mars 2007

Un village Beaujolais

Cliquez ici, Vivaldi va vous accompagner




Depuis que vous me connaissez, vous devez vous demander, surtout mes habitués, où je demeure, car je le reconnais je suis resté vague sur la localisation de mon village.



Vous le savez, je suis originaire du cantal, mais les aléas de la vie professionnelle de mon épouse et la mienne nous ont conduit dans le Rhône.


Et ce département nous ayant plu, nous avons décidé d'élire domicile à Alix petit village du sud beaujolais de 702 habitants situé à 284 mètres d'altitude. Je signale à ceux qui ne connaîtraient qu'un seul Alix, celui de la bande dessinée, ce prénom et le 117 ème prénom le plus porté en France, pas mal!! Certains membres (éloignés) de ma propre famille pourtant du cantal, ont porté ce prénom.

Le principal employeur d'Alix est la Maison de convalescence et de repos du Val d'Azergues. Cet établissement qui se voit de tous côtés de la commune existe depuis de nombreuses années. Son activité avait pris de l'importance de l'épidémie du SIDA qui avait provoqué un accroissement de ses pensionnaires dans l'unité de soins palliatifs.



Cette unité a été déplacée dans une autre établissement de LYON. Avant son départ, vous me pardonnerez cette considération, on mourrait plus qu'on ne naissait à Alix. C'est toujours vrai dans le sens où il ne naît plus grand monde dans les villages.



Cette Commune qui fait partie du "Beaujolais des Pierres Dorées est dépourvue de commerce outre un café dépôt de pain ne comporte guère d'attrait si ce ne sont des sentiers de randonnées ses vignes et son lavoir à impluvium.




Il reste une partie du Château féodal de Marzé (ferme)


2 tours rondes (4 à l'origine), fenêtres à meneaux, poterne ornée d'un écusson seigneurial. La seigneurie de Marzé est citée en 1040. Faisait partie de la paroisse de Marcy-sur-Anse avant la Révolution.

La seigneurie d'Alix aurait été fondée au 8ème à proximité d'un prieuré d'hommes, ordre de Saint-Benoît, relevant de l'abbaye de Savigny.


Collégiale 18ème : inscription à Louis XV, bienfaiteur de l'église, stalles, sculptures 18ème.
Ancienne chapelle conventuelle du prieuré de bénédictines d'époque classique : façades et toitures (sauf façade ouest et choeur moderne), fronton triangulaire, rotonde centrale et partie ancienne de la nef (IMH).

On note dans l'histoire en 1793, le massacre des transfuges lyonnais.

Puis le cardinal Fesch oncle de Bonaparte est de passage dans l'abbatiale d'Alix dont Nicole de cressia est la supérieure. Cet établissement reçoit à cette époque les filles de familles. Ces dernière ont l'autorisation de sortir de la "pension" et vont à des rendez vous galants sur le "chemin des dames " ou au "pont des soupirs" le bien nommé qui existent encore.

Une autre "gloire" de passage : l'écrivain-bandit Pierre François Lacenaire, né le 20 décembre en 1800 à Francheville près de Lyon (Rhône), mort le 9 janvier 1836 à Paris, était, un petit romantique, un « malfrat lettré » et célèbre criminel français.




Mais je serais bien injuste si je ne nommais pas dans les célébrités d'ALIX le restaurant "le vieux moulin" qui fait la gloire du village. www.egb.association.free.fr/menbre/VMoulin/photos. On y déguste des savoureuses cuisses de grenouilles qui sont connues jusqu'en région parisienne. j'en bave d'envie.

08 septembre 2006

MON GRAND PERE - FERNAND PRAX




























Poète et félibre dans le Cantal : FERNAND PRAX est né à Mézergues de Marmanhac le 26-6-1890.

 


La vallée des poètes lui a rendu hommage le 8-7-2001.

Fernand Prax après l’école primaire de son village, poursuit ses études au Petit Séminaire de Pleaux, puis au Lycée d’Aurillac où il étudie la philosophie, le latin et le grec, la littérature moderne et classique.Virgile et Homère seront ses maîtres à penser.


Il travaille avec son père, marchand de vins, ce qui l’amène à faire de fréquents voyages en Pays d’Oc où les vignerons parlent sa langue, son « patois », la Langue d’Oc. Son temps libre, il le passe à la chasse, où son amour de la nature lui inspire des lignes poétiques, et à la lecture, où il parfait sa connaissance des œuvres de Vermenouze, de Mistral, amoureux comme lui de la terre et de la langue d’oc.

En 1924 il adhère à « l’Escolo Oubernhato » crée par Vermenouze et filiale du « Félibrige » de Mistral. Ses poèmes sont régulièrement publiés dans « Lo Cobreto ». En 1929 il publie son premier livre « Lo Glaibo Mairalo », hymne à la terre natale et une pièce de théâtre. En 1926 il obtient 2 premiers prix aux Jeux Floraux. En 1930, l’ensemble de son œuvre lui vaut les Palmes Académiques. En 1936 il est nommé Officier de l’Instruction Publique.

Au cours de ces années il fréquentera tous les poètes et écrivains locaux : Eugène Pagès, Dommergues, Courchinoux, Etienne Marcenac, Gandilhon Gensdarmes…

Le poète était aussi un grand amuseur : dans « Lou Permis de Counduire » il nous raconte son premier affrontement avec le modernisme. Son dernier livre « Historios de Toutos Menos » regroupe des poèmes bucoliques et des nouvelles humoristiques.

Pour être accessible au plus grand nombre de lecteurs, il a choisi d’écrire l’occitan de façon phonétique, ce qui lui a valu beaucoup de polémiques de la part des puristes ; mais tous ceux qui connaissent « le Patois » pour l’avoir entendu parler dans leur village, et n’ont pas fait d’études spéciales en occitan, se réjouissent de pouvoir le lire sans difficulté.

Depuis 1970 il repose au cimetière de Marmanhac, face à sa maison de famille.

C'est pas de moi çà, mais c'est joliment dit

Moi, mon pépé, si je me souviens de lui, courbé sur ses cannes! Il avait tant pêché la truite à la main dans les ruisseaux du cantal, y a prescription, et puis il n'est plus de ce monde, de l'eau jusqu'aux cuisses. Un jour, traqué par la maréchaussée, il était resté planqué pendant des heures sous la souche d'un saule en bordure de la rivière jusqu'à ce qu'ils abandonnent. Il avait tant chassé dans le brouillard et le vent, la pluie. Tant dressé de chevaux, ceux de son père, des autres, de ses amis. Il en était perclus de douleurs, de rhumatismes.

Quand il partait chercher des champignons dans les bois de la commune, (il en connaissait tous les coins) souvent je le suivais au lever du soleil. C'est lui qui m'a enseigné les rudiments de la vie à la campagne :le nom des végétaux, les comestibles, les vénéneux, des animaux, comment faire un mirliton. Il en savait des choses!


Sa maison, il y était né. Il y avait sa table de travail, avec son ordonnancement. Fallait pas toucher à ce qui s'y trouvait: Interdiction. De temps à autres il se tenait sur la place des tilleuls "Le couder" avec les autres vieux :
Y avait "l'Antonin" - "le minisitre" - "le père jauze". On les entendait rire du haut du hameau lorsqu'ils s'esclaffaient sur le compte de Tartempion ou de machin. Du PAGNOL local! Pas gentils, pas foncièrement méchants mais du PAGNOL quand même.

Il ne voulait pas habiter autre part, sauf vers la fin de sa vie. Alors, il est venu habiter chez nous. Et c'est là, à ARPAJON, celui du cantal, qu'il ne s'est pas réveillé du sommeil du juste.

A dichias pépé!



LA BOITE A PANDORES


Autant vous le dire tout de suite, j'ai fait partie d'une catégorie de fonctionnaires que le commun des mortels a l'habitude de "charrier". Seuls mes familiers le savent et quelques-uns n'en n'ont pas plus de sympathie pour moi pour autant, mais c'est pas grave. Il s'agit de la gendarmerie.

Je suis originaire du cantal. D' Aurillac plus précisément, pays des parapluies, ne vous en déplaise, des tripoux.

J'ai grandi dans le village de Marmanhac.  


Issu de la génération 68 dont je suis un pur transfuge, je possédais et possède encore, une façon relativement objective de voir certains côtés de notre société, les travers, les injustices. Ainsi pour vous mettre à l'aise, je ne "rentrais pas exactement dans le moule". Souvent tant mes collègues que mes "supérieurs" hiérarchiques m'ont regardé comme un type un peu zarbi. Un estranger dans la boite. hé! attention je fais pas une psychothérapie. Je narre.


Or donc! (pink panther dixit) A l'issu des événements sus-nommés, je me dirigeais vers l'enfance inadaptée (IMP). Puis vint le temps du service Nal.


Je délaissais à regret ma bande de copains que je ne reverrai sans doute pas de si tôt. Enfin, à ce jour ils me manquent beaucoup.

J'optais pour les force françaises en Allemagne, ce qui me fut accordé sans peine, personne ne voulait y aller. Pensez! chez les boches! Un ravissement! Non seulement ça me permettais de constater que le cantal n'était pas la seule merveille du monde mais qu'il existait des gars comme moi venant de divers coins de France, même un franco-candien. Ca permet d'élargir encore plus son jugement. j'y retrouvais même un petit fils de " madame la comtesse" : Bertrand de R.. de V.... Un gars super. Des fois je le rencontre dans le village.



le chateau de sedaige de marmanhac.
calice 1865 patrimoine nal.


Une fois libéré je m'engageais dans la maréchaussée. Là aussi j'optais pour la Germanie. Décidément il me plaît ce pays, sa culture aussi, même s'il nous a fait des misères un jour. Avec l'aide d'un oncle officier dans cette institution (merci encore tonton)je partais faire mon stage de formation pour BERLIN. Traversée de nuit de la RDA en train, rideaux baissés, VOPOS-casqués-bottés, chiens hargneux en laisse, sur les quais des gares, rideau de fer : Atmosphère-atmosphère. BRRRR.





A l'issue, je me retrouvais dans " la Gendarmerie Mobile" non pas la garde, à Yvry où je faisais la connaissance de Marie-Annick, ma femme. Puis VERSAILLES-SATORY où mes deux aînés virent le jour. Enfin, nous arrivons dans le Rhône dans une Brigade territoriale dont je cacherai le nom. Elle fut dirigée par un "père de famille".j'en ai pas vu beaucoup comme lui. (Le petit dernier est arrivé, lui aussi peu après).

Lorsqu'il partit à la retraite il fut remplacé par un individu machiavélique qui administrait son équipe en créant adroitement des clans: Un requin. Avec tous ses accessoires. Ses rémoras et ses poissons pilotes. Les premiers restaient fixés à ses basques bénéficiaient de toutes ses faveurs, largesses. La garde rapprochée en qq sorte. Les seconds tournaient tout autour, relataient, déformaient, amplifiaient les évènements, les propos des uns et des autres, de ceux qui travaillaient.

En contre partie le vivier pouvait nager en toute quiétude dans ces eaux troubles, ce qui me révoltât et révoltât un nombre restreint, il faut le dire, des éléments sains. J'en fit part de multiples fois à ce gradé qui fit en sorte que notre groupe de quatre se trouvât isolé.

Il advint qu'un soir de libations, des sévices furent commis sur un "djeuns" gardé à vue. Ce qui déclencha une enquête de commandement, qui fit ressortir une quantité d'autres graves dysfonctionnements. Qui dit boeufs carottes dit auditions : Nous fûmes alors qualifiés de délateurs. Puis ces messieurs furent mis à pieds. Puis jugés. Puis condamnés. Cependant la hiérarchie peu reconnaissante pour notre honnêteté, prit la précaution de nous mutèrent en 1998, pour notre protection nous a-t'on dit, l'un à 150km, moi à 200, à la frontière suisse, les 2 autres à 50: ils étaient moins précis dans leurs témoignages. Ma copine Michèle en était déjà partie, elle, depuis longtemps dans une autre brigade. Dommage. A présent elle commande une brigade. c'te fille; un sacré mec.

Finalement, je fus "rapproché" dans la Loire. Peut être par-ce-que j'avais dit au colon qu'à côté de Genève, j'avais plus qu'à me flinguer.



la maison des chanoines à SAINT CHAMOND.

J'arrivais donc en célibataire-géo pour 7 ans dans la citée COURAMIAUDE (au moyen-âge ils y bouffaient les matous par temps de disette - MIAOU!). Bien que puni par cette mesure, j'y passais du bon temps. Mes nouveaux camarades, prévenus anonymement par un des mes anciens collègues qu'une balance arrivait, m'y ont laissé ma chance. Et je fus adopté. Sous le sobriquet de PAPY; hé oui! j'étais le plus vieux. Qu'est-ce-qu'on a rigolé. Nous étions dirigé par un adjudant! Vous avez pensé que CRUCHOT était une exagération. Hé! ben non! J'ai trouvé mieux. Même bonhomie. Mêmes colères. Mêmes mimiques. Mais il ne le faisait pas exprès. Pour vous dire! le 11 septembre 2001 alors que les flics de la ville gesticulaient dans tous les sens, contrôlaient à qui mieux-mieux les "djeunes", brefs faisaient leur travail: Qu'est-ce qu'on a fait, nous? les corvées de nettoyage du casernement et des abords, tonte des pelouse.... C'est pas beau ça?

Malgré ce long exil, je dois bien l'avouer, dans cette belle région du Pilat (celui de la loire, pas celui de la dune) ce ne fut pas la période noire que j'avais prévue, hormis l'éloignement de ma petite famille. Je suis persuadé que ça a été dur pour Nannick d'élever seule nos trois enfants. 20 km de la "capitale", allers-retours multiples, conduites au CES, à droite, à gauche. Oui, c'est vrai, je m'y suis fait de bons amis: les patrons de "la Jasserie" une ferme auberge - Marie-Pierre la joviale Burkinabè et sa fille Dany repartie à OUAGA. - Harrouna et Assita les gentils tchadiens , Suzanne, la bamilékée et bien d'autres.


Marie.

la jasserie du mont pilat.

Après une dernière mutation dans la brigade voisine, faisant également partie du PAPY BOUM je prenais ma retraite, bien méritée où vous me trouvez maintenant.

Non je ne suis pas vieux. je n'ai que Te-six ans comme dit ma soeur. Et j'ai pas l'intention de vieillir vite. Je bouge, je jardine (décoratif, je vous ferai voir mon jardin un jour), je peins. Savez, la retraite c'est pas le trou noir, sauf pour celui qui le veut.

Ha! oui, j'oubliais, en 98 je contestais la mutation de mon employeur au tribunal administratif. Vous me croirez si je vous dit qu'il ne s'est pas encore prononcé en appel? Au bout de 8 ans? hé bien vous devriez.

J'espère ne pas vous avoir fait pleurer.
A dichias !

05 septembre 2006

JE ME PRESENTE : AFRO-CANTALOU



















salutas!
j'ai longtemps hésité. c'est pas facile de se lancer. ce matin, c'est décidé, je crée mon blog.

Originaire du cantal que je suis, exilé en plein terroir beaujolais, n'a pas pu résister a livrer ses impressions sur une terre qu'il ne connaît pas précisement. Je compte sur votre indulgence.

L'Afrique et moi, c'est une longue histoire d'amoures, bien que je n'y ai mis les pieds que trois fois : deux fois au nord: le maroc; une fois au sud; la patrie de Nelson Mandela. Pour moi l'Afrique, ce n'est pas qu'une destination pour touristes.

C'est le continent où mon père a abordé à Matadi, (port fluvial de Bas Congo) , d'un paquebot venant de belgique le 5 juin 1928. Il devait y rejoindre sa mère ayant fondé une nouvelle famille à BUTA.




Avant d'y arriver, il avait, du haut de ses 18 ans, parcourru seul, les couloirs de plusieurs ministères et compagnies de navigations pour obtenir les fonds, autorisations, et places à bord du "thysville" fleuron de la Compagnie Belge Maritime du Congo (presque celui qui conduisit Tintin dans le même pays).

Il avait embarqué le 5 juin 1928 à ANVERS traînant avec lui son frère un peu plus jeune que lui. Ils avaient eu l'honneur de voyager en même temps qu'Albert 1er Roi des Belges et la Reine Elisabeth son épouse partant visiter leurs terres subtropicales .

Après un changement à Matady et une épique remontée du Congo, ils débarquèrent du "Tabora" à Stanleyville. Je relus ce même voyage, (décrit dans les mêmes termes que lui bien des années plus tard) par l'excellente Nadine Gordimer dans "le magicien africain".
Il y passa la fin de son adolscence et le début de sa vie d'homme, et ne revit sa terre de France qu'à la libération en 1945 après avoir suivit les troupes des FFL auxquelles il appartenait, non sans avoir visité le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, et débarqué à Marseille.

Il ramenat de "son congo" bien des souvenirs et trophées de chasses mais aussi des sensations de terres humides, de luxuriance, et des récits bien moins idyliques. En particulier la façon dont ses semblables usaient avec la population de souche, les vexations qu'ils subissaient.

L'afrique c'est aussi mes cousins (et leur mangouste riki) dont le père était en poste "aux colonies" et qui revenaient régulièrement en vacances dans le cantal. Ils nous faisaient profiter de leurs récits et films de virées dans la brousse, nous faisaient goûter le "dangereux" pilipli encore inconnu sur le continent. - "n'en prends pas beaucoup - ça brûle" disaient-ils aux gars du village. Ca ne manquait jamais. Il y en avait toujours un qui en avalait une grosse pincée et se précipitait chez lui en hurlant, empoisonné. Le grenier de leur grand-mère était plein de trophhées de chasses, crânes, cornes, défenses (c'était alors permis), masques et armes de chasses tribales..............: un vrai musée.

C'est bien sûr le livre qu'écrivit ma grand-mère à son retour en France dans les années 60. Non, ce n'est pas "out of africa".Elle n'était pas karen blixen non plus. Quoique ! Elle décrivit, désabusée, dans "les bengalis dans les matitis" livre non édité, une Afrique qui avait changée depuis les années folles, où elle avait tenté de faire des affaires avec les blancs, dans un peu toutes les branches de commerces à Bumba, Aketi, Buta, Titulé, sur les rives de l'Itimbiri, Dungu, Faradjé et jusqu'au Nord Kiwu. Elle nous envoyait régulièrement des cartes postales en noir et blanc représentant de "sculpturales" jeunes femmes mangbetus et autres guerriers dénudés. Elle n'y connu pas la décolonisation.


l'Afrique c'est également la jovialité et la générosité de Marie-Pierre la burkinabée, la gentillesse et la noblesse de mes amis tchadiens: Assita et Harouna; l'attendrissante roublardise de Suzane, la Bamilékée: Tous exilés dans la froidure courramiaude.

Je n'ai donc mis les pieds le 27.10.2003 sur ce qu'on appelait autrefois "l'afrique noire" en atterrissant à CAPE TOWN. Mais ça, c'est une autre histoire.