10 janvier 2012
29 février 2008
LE POIDS DES MOTS.

Faut-il éviter les querelles de mots?
Oui, les mots peuvent être trompeurs et imprécis, il faut se méfier des querelles qui reposent sur des malentendus.
Non, il est important pour la vérité et la communication que la signification des mots soit bien établie.
Oui, parce que maintes querelles qui se croient d'idées ne sont que des querelles de mots.
Le langage est un instrument dangereux, car les mots désignent des choses différentes selon les individus, ils peuvent donc porter à confusion et être à l'origine de conflits.
Les mots nous trompent car le langage n'est pas le reflet exact de la vérité.
Du point de vue philosophique, il faut s'interroger sur la valeur de l'instrument que nous utilisons chaque jour.
Les mots peuvent ne pas dire les choses que l'on voulait dire.
Le langage est à la fois un instrument indispensable et un instrument dangereux parce qu'il n'est pas clair. En toute logique il faudrait éviter de se disputer pour des mots, des malentendus, des lapsus ou des quiproquos qui ne reflètent en aucun cas la réalité.
- " Les hommes le plus souvent se querellent pour des mots. C'est pour des mots qu'ils tuent et se font tuer." Anatole France.




Une langue non maîtrisée tourne à vide.
Un discours totalement cohérent n'est pas nécessairement vrai. Il est possible de parler pour ne rien dire, il faut donc éviter de se quereller pour ce rien.
Peut-être avez-vous fait l'expérience comme moi, de relire à tête reposée un discours qui vous avait paru, on va dire "normal" et d'être déçu de ne pas y trouver l'idée, la trame, le fil rouge que votre oreille avait décelé. Peut-être qu'en écoutant, on ne peut pas réfléchir assez longtemps sur une même idée, on est "happé" par les mots qui suivent et ceux qui suivent encore après, au rythme de la parole.
Quelle serait l'utilité d'une discussion sur ces mots énoncés oralement reflétant pour chacun de nous une image rapide ou une pensée très personnelles presque intimes ( vous savez l'intime conviction)? Entre personnes sensées il est impossible de débattre ou de se battre pour des idées qui ne sont que des phrases.
Un discours énonce et transcrit sur le plan des mots une réaction qui n'appartient pas au domaine des mots.
Le langage n'est pas une science exacte, il est du domaine de l'opinion, il peut occasionner des malentendus être dangereux et conduire à des dérives.
Non, les querelles de mots ont leur utilité pour démasquer les faux-savoirs, les préjugés et l'ignorance.
Il n'y a pas de langage sans pensées. Penser et parler se définissent l'un par l'autre.
La pensée ne devient claire que lorsqu'elle trouve le mot adéquat et inversement le mot n'est jamais une "forme vide" parce qu'il a toujours pour quelqu'un un sens ou un non-sens.
Lorsque nous parlons nous savons ce que nous voulons dire, nous pouvons nous expliquer et nous ne choisissons pas nos mots au hasard, nous pensons que nous énonçons les phrases qui expriment le mieux notre pensée. Les mots ne sont jamais innocents.
Peut-être avez-vous lu Bachelard quand il estime qu'il faudrait psychanalyser la connaissance parce que : - " La vieille image revient à l'esprit quand le vieux mot revient aux lèvres."
Il n'est jamais insignifiant d'utiliser un mot plutôt qu'un autre et que ce soit délibéré ou non, lorsque le mot est dit "la chose" est évoquée.
Il ne faut pas se disputer pour certains mots, mais il ne faut pas non plus permettre que les fours crématoires ne soient qu'un "détail", admettre que la liberté devienne le synonyme de "licence" et il ne faut pas que "philosopher" soit l'équivalent de "parler pour ne rien dire"( je vais donc en rester là)
La pensée est indissociable du langage et de la communication, on ne peut pas éviter les querelles des mots, et se quereller pour des mots c'est faire connaître ses idées et connaître celles des autres.
En conclusion, il faut éviter ce genre de querelles parce que poussées à l'extrême elles peuvent entraîner certaines violences et elles ne font pas avancer la compréhension entre les humains. Il ne faut pas non plus les éviter, elles révèlent souvent des idées dissimulées derrière les mots.
Nous sommes dans une société dominée par l'image où les mots ne sont plus lus, il faudrait se souvenir que le langage sert à exprimer ses pensées et à les communiquer. Nous sommes aussi dans un système d'assistanat dans de nombreux domaines, mais ce n'est pas une raison pour qu'on parle à notre place. Il ne faut pas se laisser déposséder du langage en laissant à un tiers dire ce que nous pensons.
Il faut faire vivre les mots, les triturer, les critiquer jusqu'à la querelle s'il le faut, car il vaut mieux échanger des mots plutôt que des coups.
08 février 2008
la presse doit-elle toujours dire la vérité?
Oui, les citoyens ont droit à la vérité de l'information, un élément clé de la vie civique.
Non, le droit à l'information a des limites, morales, juridiques ou politiques.
En conclusion, on assiste de nos jours à de nombreuses dérives qui ternissent l'image des journalistes. Trop souvent, la vérité de l'information cède le pas à d'autres impératifs. La puissance des médias permet aux journalistes de faire ou de défaire une carrière, d'influencer l'opinion publique, de servir les intérêts exclusifs d'un groupe. Même si certains journalistes peu scrupuleux représentent à un moment donné une menace pour la démocratie, la plupart d'entre eux ne cède pas à la tentation de l'argent, de la puissance et de la gloire. Ils savent qu'ils sont les gardiens de liberté de pensée, ils continuent d'exercer leur fonction dans un esprit d'objectivité et d'équité. Ils font la distinction entre l'information vraie et "l'information spectacle". Ils évitent la désinformation.Oui, les citoyens ont droit à l'information.
La démocratie n'est pas possible si les citoyens ne sont pas tenus au courant de tous les aspects de la vie publique. Il incombe aux journalistes de s'en assurer.
Dans une démocratie qui fonctionne bien, les journalistes doivent dire la vérité. La vérité en matière d'information est l'élément clé d'une véritable vie civique. L'égalité de tous devant la loi passe par l'égalité de tous devant l'information.
- " L'idéal de transparence reviendrait à rendre publique toute l'information concernant les auteurs sociaux. "Sylvain Auroux
Les journalistes doivent être objectifs. Informer, ce n'est pas influencer. Ils n'ont pas le droit de déformer l'information, en conséquence, ou ils disent toute la vérité, ou ils ne disent rien.
L'information est une garantie de liberté. Le rôle du journaliste est indissociable du bon fonctionnement de la vie politique démocratique.
-" S'il n'y avait pas de journaux, il n'y aurait pas d'action commune."A. de Tocqueville
Les régimes totalitaires ont tous supprimé la liberté de la presse, interdisant aux journalistes de dire la vérité.
La liberté du journaliste de dire la vérité ou de choisir en conscience de ne pas la révéler, prouve la santé politique d'une nation libre, garante des droits du citoyen.
Non, le droit à l'information a des limites.
Les limites morales sont du domaine de la sphère privée des personnes. Les journalistes doivent déterminer où s'arrête et où commence l'atteinte à la vie privée. Il ne faut pas satisfaire le voyeurisme.
Les limites juridiques sont déterminées par le droit. Les journalistes, qui sont eux-mêmes des citoyens, ils doivent se soumettre à la loi et au droit. Ils ne peuvent pas toujours dire la vérité quand elle viole délibérément la vie privée, le secret professionnel. Il en va de même si la vérité révélée risque de déclencher des suites ingérables.
"- " Définir la liberté de la presse comme la liberté de dire ou d'écrire ce que l'on veut (...) c'est en être resté au stade de la pensée grossière et inculte."Frieddrich Hegel
Les limites politiques sont déterminées par la raison d'état.
Il existe des impératifs ou des secrets d'Etat que les journalistes, même s'ils en sont informés, ne doivent pas révéler pour des raisons stratégiques, diplomatiques ou économiques..
Le devoir des citoyens journalistes est de sacrifier la vérité au nom des intérêts en jeu.
Que les journalistes disent toute la vérité ou qu'ils la déforment, dans les deux cas, leur pouvoir peut représenter une menace pour la liberté parce qu'il sert une autre cause que l'information.
" Le journalisme (...) est l'art de faire croire au peuple ce que le gouvernement juge opportun de lui faire admettre."
H. Von Kleist
A très bientôt toutes et tous. passez une bonne semaine.
28 janvier 2008
La Laïcité selon Saint Nicolas


Est-ce par ignorance, mensonges ou omissions ? Si un permis à points était délivré au début d'un mandat présidentiel, il serait fort possible que notre pays serait déjà sans conducteur!
Prenons deux exemples au hasard.

Pas un de nos dirigeants n'avait encore osé faire une telle célébration de la religion ni prononcer le nom de Dieu. Seulement Dieu, "enveloppé et noyé" au milieu d'un discours très long est tout de même présenté comme une entité à laquelle il faut croire !
La limite est atteinte et la ligne blanche continue est "mordue" et sans aucun doute déjà franchie.
Les inconditionnels du sarkozysme pensent que c'est une indignation partisane inspirée par l'intolérance laïque.

Où se trouve l'intolérance ? Du côté laïque ou du côté religieux? Il y a toujours eu des intolérants de tout bord autant chez les croyants que chez les non-croyants et à toutes les époques ! on ne refera pas l'humain pétri de contradictions. Mais là ! non ! ils confondent laïcité et tolérance!

La laïcité s'oppose aux religions lorsque celles-ci prétendent faire la loi. Elle ne peut tolérer aucune religion civile. La loi ne peut pas être un dogme et à cause du silence qu'elle suggère, la laïcité "libère" un espace civil où règne le principe de tolérance.
Le président, lorsqu'il s'exprimait depuis le Vatican, parlait de la laïcité avec des termes qui n'appartiennent qu'à lui. Alors qu'il se trouvait au St Siège de l'Eglise Catholique apostolique et romaine, les termes employés nous paraissent comme un retour à une soumission du pouvoir de cette église. C'est inacceptable !
Présenter la laïcité comme une machine antireligieuse, c'est la confondre avec le laïcisme qui veut soumettre la société civile à sa doctrine et à son principe d'abstention propre à la sphère du peuple. Le président se sert de cette confusion pour réclamer exactement l'inverse d'une laïcité "positive". De telles paroles pourraient arriver à mettre la puissance publique au même régime de tolérance que la société civile. Prenez le temps de relire ses discours !
On discerne une façon de raisonner qui pourrait briser notre modèle politique parce qu'elle conditionnerait une grande partie de la liberté d'opinion, à la limite ce serait promouvoir la religion au statut d'interlocuteur politique et ouvrir la voie au communautarisme en acceptant qu'une "doctrine" officielle se répande au sujet de la croyance.

En lisant attentivement les paroles des discours, il y a trois principes qui semblent visés par le président parce qu'ils échappent au modèle de tolérance. Est-ce une coïncidence?
3- La laïcité, en tant qu'espace civique et critique commun, demande à chacun de "faire un pas" au-delà de ses origines, de faire aussi des efforts pour se défaire d'une appartenance préalable ( se défaire et pas renoncer) et ces actions pour la laïcité sont mises en place tout naturellement dès l'entrée à l'école ( laïque bien entendu), donc ...
N. Sarkozy jouit de la tolérance appliquée à la société comme tout un chacun, mais en tant que président de la République il n'a pas la même liberté!
En citant l'esprit religieux, en déclarant que "Dieu est dans le coeur de chaque homme", en disant que l'espérance est indissociable de la croyance et en restreignant les religions au seul désir de transparence, le président entre dans un domaine qui aurait dû rester inviolé.
Tel un gourou, il pense délivrer une vérité sur la conscience de chacun et (peut-être maladroitement) il blesse les croyants et les incroyants.

Loin d'atténuer les déclarations du "discours de Latran" , le discours du 14 janvier à Ryad, les renforce de façon flagrante.
à la date du 20-12-07





