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01 mars 2012

L'abatiale de Belleville-Sur-Saône.

L'église de Belleville-Sur-Saône,  est indissociable  des Sires de Beaujeu.
 Elle  en fut même leur sépultures.
  
 C'est bien le seul édifice intéressant de la ville.
A l'exception de la Gendarmerie pouvant être qualifié de véritable clapier.
Peu de gens en effet sont dans cette ville aussi mal logés que ses occupants.



Pour photographier l'édifice implantée à l'Est de la localité il faut prendre du recul.
Et la vue est alors polluée par des équipements modernes de la ville, dont une abominable zone commerciale sise à moins de 200 mètres.

                   Cet imposant monument, roman dans son ensemble, est consacré à la Vierge en 1179. C'est donc presque du Roman tardif .
L'oculus à  rosace du fronton est du gothique primaire date de 1175. 


  Ici pas les modillons que l'on trouve dans l'art roman Haut-vergnat.
Le portail est surmonté de boudins à damiers et losanges soutenus par des colonnes.
 Les modillons sont placés ici sous une corniche abritant le portail résolument roman.



De gauche à droite :
- Un objet pouvant ressembler à une coiffe de bouffon,
- Une fleur, peut être de carline à feuilles d’acanthe,
- Un homme grimaçant et tirant la langue,
- Deux animaux accolés (peut être des lapins comme sur l'église d'Ally (15)


Puis surplombant l'archivolte à damier :
- Une autre fleur
- Un porc
- Un chien



Enfin,sous le bandeau à damier :
- un modillon à copeau
- Une figure grimaçante  et tirant sur la commissure des lèvres (église d'Ydes 15)
- une pomme de pin.
 
 Les Chapiteaux des colonnes géminées sont d'un roman tardif.
On imagine même une restauration plus avancée dans le siècle. 
pas du Violet-le-Duc tout même. Heureusement.


Faisant le tour de l'édifice dans le sens inverse des aiguilles de la montre (Eh oui je suis comme ça!) on admire le clocher "en bâtière" à ouvertures géminées et ses abat-sons.


Notre-Dame fut à l'origine l'église d'une abbaye avec cloître, salle capitulaire
Ce square situé au sud est certainement l'emplacement de l'ancien cloitre
détruite lors de la Révolution  

 Quelques pierres de ce cloitre sont exposées dans le narthex du sanctuaire.
                  ( Ici un oiseau, peut être palmipède, avec une sorte de masque).
 
Je lisais justement ce matin l'AGE D'OR CAPETIEN (remarquable pavé de 775 pages).
Dans la rubrique évoquant la religion je lisais que le dominicain Etienne de Bourbon originaire de Belleville  évoque le fait que certains membres des dominicains auraient pu oublier certains règles relatives au voeux de chasteté et "se rendre coupable d'entorses graves à leur règle au dire de l'une de ses connaissances, un saint abbé augustin"  .

Mais le ciel veillait!!! 
""""""" Il faut remarquer que le seigneur punit souvent les lieux sacrés. Soit qu'il aient été  profanés, soit que quelque chose de déshonorant s'y fut commis...De même voilà ce que j'ai entendu raconté par le saint abbé Jean de Belleville. Dans une certaine abbaye qu'il m'a nommé mais dont je ne veux pas répéter le nom pour ne pas avoir l'air de les montrer du doigt, alors que les moines étaient réunis dans la chœur un vacarme énorme se fit entendre la foudre tomba dans l'église et brûlant  le plancher  et d'autres endroits;  Elle blessa grièvement quelques moines parmi les plus âgés, épargnant les plus jeunes qui étaient innocents. Elle pénétra les premier tout en finesse, par le nez,rasa et brûla les poiles du bas de leurs corps ainsi que leurs parties génitales, leur infligeant de graves blessures. Je ne me souviens toutefois plus si quelques-uns en moururent"""" 
Saints et damnés La Bourgogne du moyen âge dans les récits d'Etienne Bourbon inquisiteur (1099-1261)



 La porte latérale Ouest dans un excellent état de conservation est du plus pur style.
 

 Comme souvent, dans l'art roman les colonnes ne présentent pas de décors symétrique.
Torsadée à gauche, elle est munie de losanges sur celle de droite.
  Le chapiteau de celle-ci est orné d'une sirène bicaudale mâle.

 Ou bien a-t-on, lors d'une réfection "coupé ses cheveux" afin de lui supprimer ce symbole ancien de la dépravation.  

La porte Est, ornée de palmes est dans le même état.  
 Les colonnes sont les mêmes que sa soeur jumelle mais leur décors est inversé.


Ici  le chapiteau intéressant est aussi inversé. En le détaillant à présent il évoque fortement une des sculptures intérieures que nous verrons plus loin.

 Pour moi c'est un félin portant des végétaux dans sa gueule.


La nef nous le verrons de l'intérieur a été "gothisée" 14ème siècle.



En même temps  l'abside fut surélevée en style ogival.
 On a par malheur supprimé l'abside en cul de four et on a gardé les deux chapelles latérales orientées.


On remarque les fenêtres de style limousin et mauriacois, entourés de boudins simples. .
Le vue d’ensemble présente un style confus et peu heureux de ce côté.


La nef très sombre, n'est pas d'un style roman pur. 


Rien de transcendant dans cette abside sans caractère! 


 A l’exception des piliers des collatéraux, pas franchement gothique non plus.


Qu'en penser!

  "Mon Maître Pierre Moulier" nous le dira.  
Le chapiteau est orné d'oiseaux (jars) accolés tête contre têtes.
Je ne me souviens plus où j'ai vu ça dans le cantal. 


 Ce sont les chapiteaux de la travées centrale qui sont le plus intéressants.
Deux personnages tenant (peut être) l'un une bible ou jouant de la chifonie et  l'autre d'une vielle médiévale ou rote.
Ce qui me surprend, c'est que ce dernier est un instrument Gallois.
                    
 Ici, haubert, écus, et et épées, le combat des chefs.


Scène complexe : Deux démons croquent un serpent que l'homme tente de repousser.

















Trois atlantes supportant des doubleaux.
Les piliers des 9 travées, présentent à mi-hauteur des consoles symbolisant les vices et les vertus.

Ici le félin dont le "frère se trouve à la porte latérale Est.

Un bouc aux sabots d'or ou un animal portant un bonnet d'or, broutant.
Etrange symbolique.


Les oreilles d'or! Symbole de l'écoute de l'autre? Ca rentre d'un côté et ressort de l'autre!!



Personnage coléreux se transperçant la langue. A son côté un petit pain et un objet rond.


Un personnage aux oreilles d'or buvant à la bouteille ou jouant de la corne.


 Sous le christ en croix, un personnage joue du frestel (et non free-style) instrument de musique médiéval. 

Deux colombes boivent au même calice.



Le lion est très présent dans la sculpture médiévale.


L'ancêtre du mac Do?

J'ai du mal à interpréter ce "modillon" - Ange aux cheveux d'or? 


"le nageur" épuisé?

Une vache avec des cloches stéréos?

J'ai vu hier sur un blog que ces figure pourraient être de nature ésotérique ou  des "messages" pour tromper la vigilance des inquisiteurs.  
  
Je ne pense pas qu'il faille voir une quelconque marque d'ésotérisme, ni  de contre-inquisition. Je remercie néanmoins la blogueuse de m'avoir gentiment cédé ses photos qui portent le nom de son blog. 

Pour moi, ils sont des messages de sagesse populaire pour  évoquer l’attention à l’écoute des sermons des prédicateurs, prévenir le pécher de gourmandise, la colère, l’intempérance..... .   Enfin! peut être.
  
L'inquisition a été introduite en 1199 par le pape innocent III. Soit au XIIème siècle.    
Or ces sculptures naïves datent de l'époque romane (XI et XIIème siècle) et ne semblent presque plus utilisées telles qu'elles à l'apparition du style gothique vers 1140.
Les sculpteurs de l'âge roman étaient des ignorants et les paroissiens aussi. Ils  voulaient représenter sur les chapiteaux ou les modillons (voir mes billets sur le sujet) des figures, des scènes ou portraits représentant les tares de la société : la luxure (lapin ou lièvre) le vice (personnages ou animaux montrant leur sexe), l’avarice (personnage avec une bourse autour du cou tiraillé par des démons), la gourmandise (personnage mangeant une galette), la précarité de la vie (loup ou chien avec un os dans gueule (les cimetières étaient implantés au pieds des églises).  

On voit aussi des animaux mystiques,  d’autres bien réels, des têtes d’hommes tirant la langue, d’autre grimaçant.... bref tout un bestiaire et plein de sculptures cocasses.

Les sirènes hommes ou femmes montrent la luxure : torse nu, cheveux défaits, symbole ancien de la dépravation.


20 janvier 2012

Eglise de Girgols (intérieur).




Souvenez vous qu'il y a deux ans environs nous avons visité la petite mais charmante église de Girgols dans le cantal. 45° 02′ 21″ Nord        2° 28′ 56″ Est

Dans ce  billet, j'avais reçu le commentaire suivant qui, bien qu’anonyme m'avait beaucoup touché: 
 

J'habite Girgols et j'apprécie votre commentaire . Nous avons , avec quelques amis , amoureux de ce magnifique endroit , créé une Association pour défendre et préserver ce qu'il reste de patrimoine de la commune où , malheureusement , de nombreuses choses ont été détruites dont son four banal, essence même de l'âme d'un village . Ainsi ,comment peut -on être soucieux de ses racines après de telles profanations ? Sans aucun doute par ignorance ou attachement imbécile ! Mais que dire aussi du fleurissement des calvaires transformés en tombes et de la présence au porche de l'église d'un abominable panneau dans lequel vous n'êtes effectivement pas tombé en le dénonçant !
Enfin un dernier mot .
Parmi toutes les merveilles que vous avez évoquées , l'une d'entr'elles vous a totalement échappé. C'est Marie ! notre poétesse honorée, en août 2010 , de la distinction de Chevalier des Arts et des Lettres et dont la maison côtoie l'église qu'elle a très longtemps fait visiter. Ses mille poèmes chantent l'Auvergne et la région et , ne serait-ce que parce-que vous êtes passé à côté de telles perles , il est plus que nécessaire que vous reveniez .



Voilà! je m'étais promis d'y conduire famille et amis et ce fut fait.
Ce site  exceptionnel est  situé entre Marmanhac et St Cernin. 



Voilà cet horrible panneau d'affichage dégradant le portail à trois voussures!!!
Je déplorais de ne pouvoir visiter l'intérieur.





Et bien ce fut fait au printemps dernier à l'occasion d'une cousinade. 
Nous avons trouvé la porte grande ouverte, tourisme oblige.



Et par les tribunes nous avons pu monter sur le clocher.

On remarque à l'Est,  dépassant à peine des poutres soutenant la toiture, la partie cachée de l'arc triomphal.


Dans le clocher à peigne à deux ouïes nous pouvons voir de très près les deux cloches.



Celle ci est particulièrement ouvragée.

Et bien sûr nous rencontrâmes Marie la poétesse  qui désherbait son jardinet juste derrière l'église, en toute simplicité. 
Nous avons entamé le dialogue mais ne voulions pas accaparer son temps, d'autant que nous avions rendez vous au château d'Anjony pour une visite groupée.
Peut être une autre fois si mon anonyme veut bien se manifester et m'aider dans cette quête.
Alors, je pourrai mettre son nom complet.

04 novembre 2011

Mandailles - Capitale de la Jordannie.


Le mardi 11 octobre nous avions rendez vous au restaurant "les Genêts d'Or",  avec mon ami Jean-Michel dans la vallée voisine de celle où je réside dans le cantal. Et plus précisément à Mandailles ( Longitude : 02° 39' 16.1'' E Latitude : 45° 03' 53.7'' N ). Ce charmant Village donne son nom à une vallée magnifique et à un cirque qui n'a rien à envier à celui du fer-à-cheval (74) ou de Gavarnie (65) à part les cascades. Je m'y rends toujours en empruntant la très belle route des crêtes, la D35.


On peut y admirer des charmants hameaux blottis au creux des vallons.  A la croix de Cheules  plutôt que de descendre vers Lascelle ou St Julien de Jordanne,  je préfère continuer tout droit en direction de Houade (que je ne traverse pas)  par la D246 ce qui me permet de faire visiter une des plus belles routes du département à mes amis de passage. Puis traverser Aubusson (le nôtre) et arriver au centre du village de Mandailles en longeant la rive droite de la jordanne.   

  

En arrivant à Mandailles on ne peut qu'admirer les Fours (Dykes volcaniques) de Peyres Arses formées lors de l'explosion du monstre. C'est le cirque de Mandailles qui nous barre le passage, ou presque car notre cirque est franchissable. Par le pas de Peyrol (1588) .


Mon ami Jean-Michel nous annonce qu'il a pris du retard à Saler$. Nous décidons de visiter le village en l'attendant et laissons la voiture en bordure de la Jordanne. 


Une croix "dite Mérovingienne" a été conservée en place. Elle va venir compléter ma collection.


Juste derrière, une maison bourgeoise a mis les souvenirs de vacances dans des valises en cartons.



De la rue qui monte sur les hauteurs du village on aperçoit une charmante fontaine romantique.


Un coup d’œil discret.


Ca vaut un agrandissement.Et pourquoi pas une aquarelle?


Du haut du village l’église Saint-Laurent pointe son clocher typiquement roman.
Pourtant nous dit "mon Maître" Pierre Moulier c'est du Néo-Roman datant de 1893.

     On peut admirer le Puy Griou sous un angle nettement différent qui semble l'écraser.


A l'angle de la rue qui conduit au restaurant on peut apercevoir un panel de l'architecture de montagne dans cantal. Notamment à droite. Ces toitures à quatre pans tronqués indiquent que le bâtiment avait une vocation agricole à l'origine : Etable et grange. 

Les piliers de portail du jardin sont caractéristiques à notre région.  Souvent la boule est absente mais  parfois on découvre à la faveur d'une balade d'étranges polyèdres comme à Girgols.



Dans le cantal les villages de montagne (ou de vallées glaciaires partant du centre du volcan) sont en général nichés sur le versant Nord, l'Adret. Les maisons, adossées à la pente, voire construites "sous terrier" bénéficient d'un maximum d'ensoleillement et sont abritées du vent du Nord. Le grenier est éclairé par des "chiens assis" sur la façade ensoleillée. Les grandes maisons de maîtres peuvent avoir deux rangées de ce genre de "fénestrous". Soit une dizaine.    


Elles sont généralement parallèles à la route. Les ouvertures sont de petite taille pour limiter la prise du froid sur les vitres. Une mode récente fait que les crépis de habitations  (blanc cassé ou gris) ont été supprimés dans les années soixante pour laisser apparaitre les pierres même, si elles n'ont pas une grande valeur esthétique. C'est ici le cas. 



Cette "maison de poupée" vue sa position par rapport à la ruelle laisse voir qu'il s'agissait d'un bâtiment à usage agricole retapé dans les années trente. Les toitures à quatre pans "tronqués" sont spécifiques au  bassin d'Aurillac.  Dans d'autres parties du Cantal les anciennes granges sont à deux pans et les pignons ne sont pas bâtis jusqu'au faîte pour aérer au maximum le foin et éviter un incendie éventuel dû à la fermentation de la récolte.



Ici c'est bien une étable sous grange qui est prise. La ruelle monte légèrement. La grange située est à l'étage. Une rampe sur l'autre pignon permet aux chariots de foin d'y accéder et d'être déchargés. Ce genre de bâtiment est très ancien. La toiture est vraiment à quatre pans entiers. Cela indique qu'elle était recouverte de chaumes



Devant la Mairie cet été, la municipalité a érigé des "tipis" décorés.


Les touristes sont ainsi instruits sur la faune et la flore de nos montagne.
Et elles sont impressionnantes. Ils n'ont pas encore osé ajouter le loup.


C'est très bien fait. Pour voir les noms des races et espèces on pénètre dans la pyramide.


Les panneaux sont reproduits en sorte de filigrane à l'intérieur avec les indications utiles. 


Un petit historique sur le village et la mairie figure face à l'entrée. 



Des photos du siècle passé montrent l'activité touristique du village à cette époque.



On constate que la forme des autobus évoque plus la diligence de l'Ouest sauvage que les salons climatisés qui circulent maintenant sur nos routes.



Les photos étaient souvent prises en hivers jadis. Je l'ai constaté dans ma propre collection de cartes postales anciennes.

 
Une vue du même site maintenant. Pour les tatillons, cette photo a été prise par moi.


La Jordanne



La Jordanne le jour de notre visite. Elle ne charrie plus d'or.




Devant le restaurant les genêts d'or nous déplorons qu'encore une fois une touriste a été pétrifiée par la vue du village avant son départ. L'exemple de la femme de Loth ne lui aura donc servi à rien!

Je recommande ce restaurant, comme le petit futé. Si la patronne n'est pas très souriante la cuisine locale qu'elle nous dispense est un ravissement. 

Entrée : Pounty
  Plat principal :  Truite au bleu ou pièce de Bœuf de Saler$ au bleu accompagnée de truffade. (la truffade est un plat familial difficile à reproduire en grande quantité).
Fromages : délices de nos monts (comme on dit ici).
Dessert : Tarte aux myrtilles ou  mille-feuilles. J'ai pris ce dernier léger et savoureux. 

Merci encore mon cher Jean-Michel.