L'église de Belleville-Sur-Saône, est indissociable des Sires de Beaujeu.
Elle en fut même leur sépultures.
C'est bien le seul édifice intéressant de la ville.
A l'exception de la Gendarmerie pouvant être qualifié de véritable clapier.
Peu de gens en effet sont dans cette ville aussi mal logés que ses occupants.
Pour photographier l'édifice implantée à l'Est de la localité il faut prendre du recul.
Et la vue est alors polluée par des équipements modernes de la ville, dont une abominable zone commerciale sise à moins de 200 mètres.
Cet imposant monument, roman dans son ensemble, est consacré à la Vierge
en 1179. C'est donc presque du Roman tardif .
L'oculus à rosace du fronton est du gothique primaire date de 1175.
Ici pas les modillons que l'on trouve dans l'art roman Haut-vergnat.
Le portail est surmonté de boudins à damiers et losanges soutenus par des colonnes.
Les modillons sont placés ici sous une corniche abritant le portail résolument roman.
De gauche à droite :
- Un objet pouvant ressembler à une coiffe de bouffon,
- Une fleur, peut être de carline à feuilles d’acanthe,
- Un homme grimaçant et tirant la langue,
- Deux animaux accolés (peut être des lapins comme sur l'église d'Ally (15)
Puis surplombant l'archivolte à damier :
- Une autre fleur
- Un porc
- Un chien
Enfin,sous le bandeau à damier :
- un modillon à copeau
- Une figure grimaçante et tirant sur la commissure des lèvres (église d'Ydes 15)
- une pomme de pin.
Les Chapiteaux des colonnes géminées sont d'un roman tardif.
On imagine même une restauration plus avancée dans le siècle.
pas du Violet-le-Duc tout même. Heureusement.
Faisant le tour de l'édifice dans le sens inverse des aiguilles de la montre (Eh oui je suis comme ça!) on admire le clocher "en bâtière" à ouvertures géminées et ses abat-sons.
Notre-Dame
fut à l'origine l'église d'une abbaye avec cloître, salle
capitulaire
Ce square situé au sud est certainement l'emplacement de l'ancien cloitre
détruite lors de la Révolution
Quelques pierres de ce cloitre sont exposées dans le narthex du sanctuaire.
( Ici un oiseau, peut être palmipède, avec une sorte de masque).
Dans la rubrique évoquant la religion je lisais que le dominicain Etienne de Bourbon originaire de Belleville évoque le fait que certains membres des dominicains auraient pu oublier certains règles relatives au voeux de chasteté et "se rendre coupable d'entorses graves à leur règle au dire de l'une de ses connaissances, un saint abbé augustin" .
Mais le ciel veillait!!!
""""""" Il faut remarquer que le seigneur punit souvent les lieux sacrés. Soit qu'il aient été profanés, soit que quelque chose de déshonorant s'y fut commis...De même voilà ce que j'ai entendu raconté par le saint abbé Jean de Belleville. Dans une certaine abbaye qu'il m'a nommé mais dont je ne veux pas répéter le nom pour ne pas avoir l'air de les montrer du doigt, alors que les moines étaient réunis dans la chœur un vacarme énorme se fit entendre la foudre tomba dans l'église et brûlant le plancher et d'autres endroits; Elle blessa grièvement quelques moines parmi les plus âgés, épargnant les plus jeunes qui étaient innocents. Elle pénétra les premier tout en finesse, par le nez,rasa et brûla les poiles du bas de leurs corps ainsi que leurs parties génitales, leur infligeant de graves blessures. Je ne me souviens toutefois plus si quelques-uns en moururent""""
Saints et damnés La Bourgogne du moyen âge dans les récits d'Etienne Bourbon inquisiteur (1099-1261)
La porte latérale Ouest dans un excellent état de conservation est du plus pur style.
Comme souvent, dans l'art roman les colonnes ne présentent pas de décors symétrique.
Torsadée à gauche, elle est munie de losanges sur celle de droite.
Le chapiteau de celle-ci est orné d'une sirène bicaudale mâle.
Ou bien a-t-on, lors d'une réfection "coupé ses cheveux" afin de lui supprimer ce symbole ancien de la dépravation.
La porte Est, ornée de palmes est dans le même état.
Les colonnes sont les mêmes que sa soeur jumelle mais leur décors est inversé.
Ici le chapiteau intéressant est aussi inversé. En le détaillant à présent il évoque fortement une des sculptures intérieures que nous verrons plus loin.
Pour moi c'est un félin portant des végétaux dans sa gueule.
La nef nous le verrons de l'intérieur a été "gothisée" 14ème siècle.
En même temps l'abside fut surélevée en style ogival.
On a par malheur supprimé l'abside en cul de four et on a gardé les deux chapelles latérales orientées.
On remarque les fenêtres de style limousin et mauriacois, entourés de boudins simples. .
Le vue d’ensemble présente un style confus et peu heureux de ce côté.
La nef très sombre, n'est pas d'un style roman pur.
Rien de transcendant dans cette abside sans caractère!
A l’exception des piliers des collatéraux, pas franchement gothique non plus.
Qu'en penser!
"Mon Maître Pierre Moulier" nous le dira.
Le chapiteau est orné d'oiseaux (jars) accolés tête contre têtes.
Je ne me souviens plus où j'ai vu ça dans le cantal.
Ce sont les chapiteaux de la travées centrale qui sont le plus intéressants.
Deux personnages tenant (peut être) l'un une bible ou jouant de la
chifonie et l'autre d'une vielle médiévale ou
rote.
Ce qui me surprend, c'est que ce dernier est un instrument Gallois.
Ici, haubert, écus, et et épées, le combat des chefs.
Scène complexe : Deux démons croquent un serpent que l'homme tente de repousser.
Trois atlantes supportant des doubleaux.
Les piliers des 9 travées,
présentent à mi-hauteur des consoles symbolisant les vices et les
vertus.
Ici le félin dont le "frère se trouve à la porte latérale Est.
Un bouc aux sabots d'or ou un animal portant un bonnet d'or, broutant.
Etrange symbolique.
Les oreilles d'or! Symbole de l'écoute de l'autre? Ca rentre d'un côté et ressort de l'autre!!
Personnage coléreux se transperçant la langue. A son côté un petit pain et un objet rond.
Un personnage aux oreilles d'or buvant à la bouteille ou jouant de la
corne.
Sous le christ en croix, un personnage joue du frestel (et non free-style) instrument de musique médiéval.
Deux colombes boivent au même calice.
Le lion est très présent dans la sculpture médiévale.
L'ancêtre du mac Do?
J'ai du mal à interpréter ce "modillon" - Ange aux cheveux d'or?
"le nageur" épuisé?
Une vache avec des cloches stéréos?
J'ai vu hier sur un blog que ces figure pourraient être de nature ésotérique ou des "messages" pour tromper la vigilance des inquisiteurs.
Je ne pense pas qu'il faille voir une quelconque marque d'ésotérisme, ni de contre-inquisition. Je remercie néanmoins la blogueuse de m'avoir gentiment cédé ses photos qui portent le nom de son blog.
Pour
moi, ils sont des messages de sagesse populaire pour évoquer
l’attention à l’écoute des sermons des prédicateurs, prévenir le pécher
de gourmandise, la colère, l’intempérance..... . Enfin! peut être.
L'inquisition a été introduite en 1199 par le pape innocent III. Soit au XIIème siècle.
Or
ces sculptures naïves datent de l'époque romane (XI et XIIème siècle)
et ne semblent presque plus utilisées telles qu'elles à l'apparition du
style gothique vers 1140.
Les
sculpteurs de l'âge roman étaient des ignorants et les paroissiens
aussi. Ils voulaient représenter sur les chapiteaux ou les modillons (voir mes billets sur le sujet)
des figures, des scènes ou portraits représentant les tares de la
société : la luxure (lapin ou lièvre) le vice (personnages ou animaux
montrant leur sexe), l’avarice (personnage avec une bourse autour du cou
tiraillé par des démons), la gourmandise (personnage mangeant une
galette), la précarité de la vie (loup ou chien avec un os dans gueule (les cimetières étaient implantés au pieds des églises).
On voit aussi
des animaux mystiques, d’autres bien réels, des têtes d’hommes tirant
la langue, d’autre grimaçant.... bref tout un bestiaire et plein de
sculptures cocasses.
Les sirènes hommes ou femmes montrent la luxure : torse nu, cheveux défaits, symbole ancien de la dépravation.